Une radio dans ma vallée

Après une longue période d’hibernation (3 ans, quand même!), Dans ma vallée va bientôt vous proposer de nouvelles rencontres en vallée du Loir. Mais avant cela, les anciens articles du blog ont été dépoussiérés et les liens brisés remplacés quand c’était possible. En effet, Dans ma vallée vous invite à découvrir la vallée du Loir notamment sur le web où les infos ne sont pas toujours pérennes… Néanmoins, avant de vous entraîner vers de nouvelles découvertes, Dans ma vallée vous propose de retrouver une interview consacrée à Radio Prévert. Publiée sur ce blog en septembre 2018, elle a depuis mystérieusement disparu… Plutôt que de republier uniquement le texte initial, nous vous proposons donc quelles petites mises à jour en couleur, afin de coller à l’actualité de cet acteur incontournable de la vallée du Loir.

Les bonnes résolutions de la rentrée sont pour l’instant tenues : publication d’un billet hebdomadaire ! Après une trop longue période d’absence (due à un projet passionnant mais énergivore et chronophage), Dans ma vallée se relance donc en ce mois de septembre pour vous faire découvrir la vallée du Loir à travers celles et ceux qui y vivent. Mais voilà, peut-être qu’un autre projet passionnant, énergivore et chronophage va venir entraver nos bonnes résolutions. Aussi, par précaution, nous vous recommandons cette semaine une source d’information solide et toujours fidèle au poste en vallée du Loir : Radio Prévert.

 

Vous pouvez l’écouter sur 93.9 jusqu’à 35 km à la ronde autour de Pontvallain, où elle émet officiellement depuis 1984, et 88.6 dans un rayon de 15 km autour de La Flèche où Radio Prévert a implanté une deuxième antenne et ouvert un deuxième studio en 2010.

Nouveauté en cette rentrée, très attendue des amis et partenaires de Radio Prévert : un site internet revisité et beaucoup plus fonctionnel, où vous pouvez écouter et réécouter à loisir les émissions. Une page « repères » vous plonge dans l’histoire de cette radio associative qui est depuis toujours un outil pédagogique. En effet, ce sont deux enseignants du collège de Pontvallain, Philippe Spiegel et Yves Tribaleau qui ont lancé ce projet au début des années 80, quand les radios « libres » ont vu le jour. En juin 2019, Radio Prévert fêtera le 35ème anniversaire de son autorisation d’émettre !

Rencontre avec Jocelyn Abbey, journaliste et directeur de la radio. Merci à lui d’avoir bien voulu se prêter au jeu de l’intervieweur interviewé.

A sa création, Radio Prévert était une radio associative pédagogique. Elle fait intégralement partie aujourd’hui des médias locaux. On peut l’écouter dans toute la partie sarthoise de la vallée du Loir, voire un peu au-delà. Quand avez-vous rejoint cette aventure un peu hors normes ?

L’aventure ici a commencé pour moi en août 2006. Au début j’ai présenté des flashs d’info, des magazines et le sport. Au fil du temps, je me suis intéressé à d’autres thématiques car Monsieur Tribaleau nous disait qu’il n’allait pas s’occuper de la radio 24h/24. Il fallait que je puisse m’intéresser à autre chose que de l’éditorial. Ça m’a permis de découvrir la gestion d’une association, de m’intéresser à l’administratif. Il a fallu aussi intégrer les bouleversements technologiques, les changements de modes de diffusion, les financements.

Vous aviez déjà travaillé en radio ?

Oui, à Nord Sarthe FM à Mamers, de 2001 à 2004, jusqu’à la dissolution de l’association. Quand je suis arrivé ici, Radio Prévert avait déjà beaucoup évolué. Au départ, dans les années 80, il y avait une petite équipe associative. La radio était installée dans une salle de classe du collège de Pontvallain. Ils utilisaient des cassettes autoreverse. La bande se coinçait parfois dans le lecteur… Tout cela a bien changé mais il fallait déjà être imaginatif pour le financement. Le modèle économique repose beaucoup sur les subventions. C’est avec les emplois jeunes que l’équipe a commencé à s’étoffer et se professionnaliser. Il y a un noyau de permanents qui ont longtemps été renforcés par des contrats aidés. Aujourd’hui ces contrats n’existent plus. Tous les jours, nous travaillons à diversifier nos ressources pour pouvoir tenir et maintenir une offre d’information locale.

(Mise à jour septembre 2021) Nous avons bénéficié de différents dispositifs d’accompagnement. De 2012 à 2017, des Contrats emplois tremplins étaient financés par le conseil régional, la communauté de communes du Pays fléchois et bien sûr la radio. Après 2017, cette communauté de communes a continué à nous accompagner par une subvention annuelle de soutien à l’emploi. La communauté de communes sud Sarthe nous accompagne quant à elle avec une subvention de fonctionnement et pour la promotion d’initiatives en faveur de l’économie et de l’emploi..

Combien de personnes travaillent à Radio Prévert aujourd’hui ?

Marie-Sarah Milon a un mi-temps accueil et un mi-temps antenne, notamment sur La Flèche pour l’émission Du côté de chez vous. Elle y aborde la culture, le patrimoine, la vie associative et la vie économique ou bien encore la santé. Je traite les sujets plus institutionnels voire politiques mais aussi les infos, les magazines et le sport.

Un assistant d’éducation radio, Dylan Besnardeau, est mis à disposition par le collège de Pontvallain sur un mi-temps. Il encadre les collégiens. L’année dernière, il y a eu une quarantaine de jeunes de la 6ème à la 3 ème inscrits pour les ateliers-radio, sur le temps du midi deux fois par semaine. L’assistante qui a précédé Dylan a dû refuser du monde. Chaque année, le nouvel assistant passe dans les classes pour présenter le projet. Il a un bureau au collège et un ici, où il s’occupe de monter les émissions enregistrées avec les élèves.

Le club radio, ce sont deux émissions Dans la cour des grands et Pop corn. Il y a aussi Jacques est dans le pré qui parle des sujets sur l’éducation, l’orientation.

À l’occasion, j’interviens. Je tiens à être là, à la technique, pour voir comment ça se passe, donner des conseils, éviter les débordements. Ils font des émissions qu’on diffuse après, il y a des règles à respecter. Ils doivent prendre conscience qu’ils vont être entendus à l’extérieur du collège, notamment par leurs familles.

(Mise à jour septembre 2021) Aujourd’hui je suis le seul permanent. L’actuel assistant d’éducation s’appelle Martial Dufour et nous cherchons à recruter pour le studio de La Flèche. Depuis 2019, nous avons commencé à développer l’éducation aux médias et à l’information.

Quel est l’apport du web pour une radio associative ?

Être dans l’air du temps. Les jeunes ont leurs téléphones, leur smartphones. C’est par ce biais qu’ils écoutent la radio. Jusqu’à maintenant, les parents ne pouvaient pas toujours écouter l’émission lors de sa diffusion, on devait leur envoyer. Ça va simplifier l’accès aux émissions pédagogiques. Le site va être une nouvelle porte d’entrée pour écouter et réécouter les émissions. Il pourra aussi nous permettre de nous lancer dans la vidéo. De nombreux partenaires nous ont dit que sans visibilité sur internet, on ne pouvait pas développer de nouveaux projets ensemble. Maintenant que le site est fonctionnel, après un retard dû à des raisons techniques, nous allons pouvoir nous tourner de nouveau vers nos financeurs pour leur proposer une visibilité renforcée, à travers des bannières publicitaires complémentaires des annonces à l’antenne.

Nous travaillons aussi avec la confédération nationale des radios associatives sur un projet de type application qu’on pourra vous présenter bientôt.

Yves Tribaleau, co-fondateur de la radio et président de l’association est décédé cette année (2018). Le relais est assuré ?

Il y a autour de nous une équipe de gens qui s’intéressaient déjà à la radio depuis pas mal de temps. Certains étaient déjà membres du bureau de l’association, d’autres y ont travaillé. Ils sont là pour accompagner l’équipe et continuer cette œuvre qu’il faut pérenniser sur un territoire rural comme le nôtre. Yves Tribaleau était un passionné de radio. Pour lui rendre hommage, nous avons mis en ligne une interview que j’avais faite de lui en 2012. Il y parlait justement des enjeux d’un tel outil à la fois du point de vue pédagogique et du point de vue du territoire.

L’association est aujourd’hui présidée par Annabelle Turcaud (ancienne assistante d’éducation). Le bureau de l’association est également composé d’un vice-président, Tony Maignan (ancien principal), d’une secrétaire, Florence Rocher (gestionnaire de collège), d’un trésorier, Jean-Yves Bazoge (ancien principal) et enfin d’une trésorière-adjointe, Sylvie Bazoge.

De nouvelles chroniqueuses nous rejoignent en cette rentrée 2021 : Sandrine Weil, Valérie Caniart et Carine Ménage.

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